Trouver un nom, une marque qui vend

Artistes, marketeurs, publicitaires…Un jour où l’autre nous sommes confrontés à la recherche de LA marque, LE nom qui fera chavirer les cœurs. Le nom qui vend possède le bon son, la bonne évocation et pour couronner le tout, une bonne mémorisation, voilà le trio gagnant !

Attention, si en plus votre trouvaille à le bon goût de fonctionner à l’international, vous avez un talent qu’il faut très vite mettre à profit !

On se demande ce qui est passé par la tête de ces anglais qui font de la New Wave. Pourquoi avoir décidé de s’appeler comme le magazine ? Imaginez, au lieu de Depeche Mode, ils ont failli s’appeler Marie Claire ou Femme Actuelle ! Enorme !

Un ratage savoureux : celui d’une grande marque de voiture japonaises qui a lancé partout dans le monde, un modèle sportif appelé « MR2 ». Si vous n’avez pas capté, je vous suggère de relire ce nom à voix haute… c’est édifiant !

Plus connu, le SUV de Renault « Koléos » a bien fait rire ceux qui ont eu la curiosité de lire sa traduction en grec ancien.

Quelques astuces pour marquer des points auprès des régionaux de l’étape : Choisir un mot du langage courant. C’est de plus en plus difficile, mais cela permet de stimuler l’imaginaire de celui qui le découvre et y ajoute ses propres connotations. Un petit risque existe que votre nom soit détourné, déformé, ou pire, que vous évoquiez des notions aux effets pervers que vous n’aviez pas prévu !

Au rayon des avantages – et celui-là est de taille – un mot du langage courant utilisé comme marque provoque invariablement la même réaction : “ha oui, j’ai déjà entendu parler de votre marque”.

Problème : en trouver un qui ne soit pas déjà utilisé relève du défi et pouvoir le déposer en .fr ou .com est tout simplement “Kho Lantesque”. Pourtant, le miracle se produit parfois et avec de belles réussites.

Taillefine est mon préféré, espérons toutefois qu‘ils réussiront à vendre des yaourts aux hommes 😉

Cette marque est un cas d’école à plusieurs titres. Un son harmonieux, fluide, aérien et féminin. Une mémorisation facile, une orthographe évidente et… cerise sur le yaourt 0%, un nom qui verbalise la fonction du produit, formule la promesse, grave le positionnement beauté du produit dans le cortex cérébral de la lectrice de magazine féminin « omni générationnel ». Du génie pur !

Les pros du “naming” pris au dépourvu ont dû s’écrier “mince, on aurait pu la trouver celle-là !”. Depuis, un autre dessert lacté court derrière avec un “Sylphide” bien compliqué pour ceux qui n’ont pas eu le petit Larousse comme livre de chevet.

Depuis bien longtemps pour les fans, l'origine du nom n'est plus un sujet !

Depuis bien longtemps pour les fans, l’origine du nom n’est plus un sujet !

Autre astuce, cette fois internationale : le nom propre bien terroir qui fait “so chic” (HäagenDazs est une pure invention marketing !), ou encore l’onomatopée associée à l’utilisation ou l’univers du produit. On connaît tous le jeu de raquettes dans une cage en verre où les mouvements de poignet font un puissant : “Squash !” Quelle belle marque cela aurait fait, non ?

Bien sûr, le naming (art de créer un nom de marque ou de produit) dispose de bien d’autres ficelles créatives. Mais ça c’est tout un métier !