La publicité, une affaire de génies ?

Le seul génie que je connaisse, c’est celui de la publicité pour la lessive qui promet de ne pas frotter. Amusant quand on sait que celui d’Aladin, lui, en avait besoin au contraire… D’être frotté.

Il me semble que le plus important dans le processus de création d’une campagne de communication, c’est notre capacité à mettre nos neurones à zéro et de ne pas chercher à briller, mais à augmenter les ventes de nos clients.

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Remettre nos neurones à zéro, c’est admettre que l’on ne connaîtra jamais mieux notre client, sa marque, ses concurrents ou ses clients… Que lui-même.

Lui seul a toutes les réponses.

Notre métier, c’est d’éclairer ses pas sur son propre chemin pour qu’il ne s’égare pas dans le dédale de ses idées. L’éclairer ne suppose pas d’être brillant, mais logique, synthétique, simplificateur à l’extrême parfois, en se plaçant toujours du côté de celui qui recevra le message que l’on cherche à concevoir.

«Eduquer, c’est hisser celui qui nous écoute à notre niveau en lui transmettant notre savoir. Communiquer c’est se mettre au niveau de celui qui nous écoute pour lui transmettre notre message.»

Notre mission est de l’aider à formuler une réponse simple, concise et impactante à une question en apparence très simple : si votre marque (entreprise, produit…) n’existait pas, pourquoi faudrait-il l’inventer ?

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Nos clients ont des problèmes complexes, ils viennent nous voir parce qu’ils ne savent plus par où les prendre. Nous sommes là pour les aider à les voir sous un nouveau jour, pour leur proposer des angles, des approches différentes, lesquelles font naturellement émerger de nouvelles options.

Au final, c’est eux qui arbitrent et décident de ce qu’ils veulent dire…

Notre talent c’est de savoir comment ils peuvent le dire de la façon la plus intelligente, drôle ou originale…

Dans notre métier, les petits génies qui veulent briller (c’est un travers des créatifs, le plus souvent) ont la fâcheuse tendance à le faire en se jetant sur la création. Ils proposent souvent des choses belles, astucieuses, intelligentes qui flattent l’ego. Le leur, souvent, mais aussi celui du client si possible.

Pourtant, leurs créations manquent souvent de fond. Cela arrive quand la stratégie est déconnectée de la création. C’est en cela que je crois aux agences où tout le monde à son poste s’impose d’être créatif.

Pas au sens de la création pure, mais au sens de la capacité à imaginer toujours de nouvelles façons d’éclairer un problème pour faire apparaître un maximum de solutions.

“Quelle est l’action que je souhaite déclencher de la part de ma cible ? Quels moyens vais-je proposer à mon client pour atteindre ses objectifs ?”.

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Le créatif, lui, doit se demander :
“comment ma création va-t-elle mettre en forme la stratégie et le message proposé par mon agence pour résoudre efficacement le problème de mon client ?”.

Si au final sa création est brillante, c’est qu’il a sûrement un peu de génie, mais qu’à coup sûr, pour avoir LA bonne idée, tous à l’agence se sont frottés les neurones.